• TOMBOUCTOU

     

     

    Tombouctou (Timbuktu ou Tin-Buktu en tamasheq) est une commune du Mali, située sur le fleuve Niger et chef-lieu du cercle de Tombouctou et de la région de Tombouctou.

    Surnommée « la ville aux 333 saints » ou « la perle du désert », sa visite en 1828 par le Français René Caillé a fait grand bruit à l'époque en Europe. Elle est aujourd'hui classée par l'UNESCO à plusieurs titres au patrimoine mondial de l'humanité.

    Le nom « Tombouctou » viendrait du tamasheq, langue des Touareg qui auraient fondé la ville au XIe siècle, de Tin (ou Tim), qui signifie « puits » ou « lieu », et de Bouctou, nom donné à la femme présente à l'arrivée des Touareg, gardienne d'un puits, et qui désignerait une personne originaire d’Essouk – ce qui donne « le lieu de Bouctou ». À cette étymologie proposée par Abderrahmane Es Saâdi au XVIIe siècle dans son Tarikh es-Sudan (Histoire du Soudan), l’explorateur allemand Heinrich Barth au XIXe siècle, lui, oppose une origine songhaï du mot Tombouctou qui désignerait une « dépression entre les dunes »

    Du Moyen Âge à la domination marocaine

    Les premiers campements des nomades berbères et touaregs remontent aux premiers siècles de l'histoire écrite. La ville n'apparaît cependant dans l'histoire qu'au XIVe siècle quand l'empereur du Mandé, Mansa Moussa, fait construire à partir de 1325 la mosquée Djingareyber, par l'architecte Abou Ishaq es-Sahéli, qui est achevée en 1328. En 1353, le voyageur tangérois Ibn Battûta visite la ville.

     

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    Au XVe siècle, la construction de la mosquée de Sankoré (qui comprend une medersa et est aux dimensions de la Kaaba) est à l'origine d'une université islamique d'une très grande renommée dans toute l'Afrique de l'ouest. Jusqu'à 25 000 étudiants fréquentent la ville sous le régime de Sonni Ali Ber (Sonni Ali le Grand). Tombouctou est prise par Sonni Ali Ber, l'empereur songhaï, en 1458. La ville construit sa prospérité sur les échanges commerciaux, dont l'esclavage, entre la zone soudanaise du Sahel africain et le Maghreb. Elle connait son apogée au XVIe siècle, jusqu'à la chute en 1590 de l'Empire songhaï.

    La ville passe alors sous domination saadienne de Marrakech c'est le Pachalik de Tombouctou. En octobre 1591, se produit un soulèvement de la population, dont les plus illustres savants (incluant Ahmed Baba) sont exilés à Marrakech. Sa richesse décline lorsque les Européens ouvrent la voie maritime pour le commerce entre l'Afrique du Nord et l'Afrique noire. Le déclin de la ville commence au XVIIe siècle avec l'instabilité politique et l'apparition de la traite négrière qui rapprochait cette activité des côtes. Le contrôle de Tombouctou par les Saadiens est effectif jusqu'en 1660 (Abderrahmane Es Saâdi décrit la ville dans son Tarikh es-Soudan), date de la chute de la dynastie au profit des Alaouites.

    En 1760, les Touaregs chassent les derniers Marocains de la ville. 

    L'Empire peul du Macina conquiert la ville en 1825. Après des siècles où Tombouctou est une cité recluse vis-à-vis de l'Occident, le major Alexander Gordon Laing est le premier Européen à visiter la ville en 1826, mais pris pour un marchand d'esclaves concurrent, il est assassiné. Le 20 avril 1828, c'est au tour du Français René Caillié d'entrer dans la cité, dissimulé sous le costume d'un lettré musulman, et d'en partir vivant. Son célèbre récit de voyage fait ensuite grand bruit en Europe. En 1844, à la mort de Sékou Amadou,

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    la ville s'émancipe. L'explorateur allemand Heinrich Barth vient ensuite dans la ville où il passe six mois en 1853-1854.

     

    La seconde partie du XIXe siècle marque le début de la colonisation française de l'Afrique occidentale, dans le sillage de l'Afrique du Nord. La conquête de la zone de Tombouctou par l'armée française se fait de manière heurtée, notamment en 1892 avec le massacre de la colonne Eugène Bonnier par les Touaregs Ouelleminden et Igdalen après la première occupation de Tombouctou par les Français. Lorsque les Français prennent le contrôle de la ville en 1894, sa population est d'environ 4 000 habitants. Elle était dirigée jusque là par une élite musulmane payant tribut aux Touaregs. La conquête et la stabilisation de la ville marque la fin de la pacification des zones du Nord du Mali à la veille de la Première Guerre mondiale.

    Alors que le Soudan français est une colonie française, Tombouctou devient par la loi française du 18 novembre 1955 une commune de moyen exercice, dirigée par un maire, fonctionnaire nommé par le chef de territoire, assisté d’un conseil municipal élu par un collège unique. La loi du 10 janvier 1957 intègre Tombouctou dans l'Organisation commune des régions sahariennes.

    Après l'indépendance malienne

    La loi du 2 mars 1966 donne un statut commun à toutes les communes créées avant l’indépendance du Mali en 1960. Un conseil municipal élu désigne en son sein le maire et un ou plusieurs adjoints.

    Lors d'une visite officielle à Tombouctou en février 1977, le président français Valéry Giscard d'Estaing appose une plaque à la mémoire du maréchal Joffre (qui y avait séjourné quand il était jeune commandant), et annonce une aide à la restauration de la maison de René Caillé. Il indique que la France est prête à apporter son concours pour faire face aux conséquences de la récente sécheresse.

    En 1988, Tombouctou est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco pour ses richesses culturelles (mosquée, mausolées et manuscrits) et historique.

    Le Nord du Mali et la ville sont à de nombreuses reprises secoués, à la fin des années 1960 et au début des années 1990, par des insurrections armées touaregs qui réclament plus d'autonomie et de désenclavement de leur région. Le 27 mars 1996 se déroule une cérémonie de la Flamme de la Paix, durant laquelle les rebelles touaregs brûlent 3 000 armes utilisées durant la rébellion.

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    Le 1er avril 2012, dans le cadre de l'insurrection au Nord du Mali menée par le MNLA, l'armée malienne perd le contrôle de la ville au profit de divers mouvements rebelles touareg[12] rapidement supplantés par les islamistes salafistes radicaux. Du 30 juin à fin décembre, les islamistes des mouvements AQMI et Ansar Dine se lancent dans la destruction systématique des tombeaux des saints musulmans et des mausolées de la ville. L'intervention de l'armée française dans le cadre de l'opération Serval aux côtés de l'armée malienne permet la reprise de contrôle partiel de la ville — aéroport de Tombouctou et principaux accès à la ville pris notamment par le 2e régiment de parachutistes de la Légion étrangère — dans la nuit du 27 au 28 janvier 2013. Durant la journée du 28 janvier, les troupes françaises et maliennes finissent de libérer la ville, sans combats majeurs, et avec un accueil enthousiaste des populations Cette liesse populaire s'amplifie lors de la visite de François Hollande, « accueilli en libérateur », accompagné de son homologue malien Dioncounda Traoré, lors d'un voyage d'une journée à Sévaré, Tombouctou et Bamako[au cours duquel le président de la République française déclare « [avoir] sans doute [vécu] la journée la plus importante de [s]a vie politique. Durant les mois qui suivent, des troupes burkinabées sont chargées par la MINUSMA, avec des éléments français, de sécuriser la ville

    Les manuscrits de Tambouctou

    Manuscrits de Tombouctou sont un ensemble de manuscrits médiévaux datant de la période impériale ouest-africaine, pour la plupart rédigés et conservés depuis des siècles à Tombouctou et dans sa région. Ces lettres qui datent du XIIIe siècle pour les plus anciens forment un corpus hétéroclite comprenant aussi bien des documents d'enseignement que de courtes lettres.

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    Parmi les menaces pesant sur les manuscrits figurent :

    • le temps qui passe ou de mauvaises conditions de conservation : une partie des grandes bibliothèques privées (familiales) sont dégradées par des insectes et les outrages du temps, ainsi que par des accidents divers ;
    • les successions : elles sont souvent l'occasion de l'éclatement de bibliothèques ou de la perte ou vente de documents anciens et uniques
    • la revente (trafic) de manuscrits est parfois un moyen de trouver de l'argent pour les familles pauvres du nord du Mali ;
    • la guerre et le pillage au Mali : Il existe une bibliothèque publique soutenue par l'Unesco, mais qui ne contient à ce jour qu'une minorité d'ouvrages. La plupart des manuscrits sont partagés entre plusieurs dizaines de bibliothèques familiales. Les propriétaires-bibliothécaires qui en possèdent le plus veulent généralement les protéger et que cette connaissance puisse être partagée. A partir de l'été 2011, des érudits et volontaires, notamment dirigés par Abdelkader Haidara et Stéphanie Diakité, ont clandestinement évacué (de 160 000 à 300 000 manuscrits selon les sources) de Tombouctou (et peut être à partir d'autres villes) vers la capitale pour les protéger de la destruction par les islamiste jihadistes d'AQMI dont certains ont fait des autodafés de manuscrits anciens. Mme Diakité a ainsi dit « Nous avons compris le pouvoir de ces bibliothèques quand des personnes de tous horizons, de tous milieux sociaux et parlant toutes les langues du Mali, et quand des villages entiers de la région s’engagèrent corps et âme et prirent souvent des risques considérables pour nous aider à évacuer les manuscrits au Sud du Mali ». Une association T 160k a pour projet de protéger et restaurer ces documents ;

     


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